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Libération

La mémoire sélective des pilotes. Ils veulent être considérés comme les cogestionnaires de la compagnie.

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Publié le 05/06/1998 à 5h03

Pour sortir la tête haute du conflit, les pilotes d'Air France ont

trouvé une stratégie de négociation qui semble faire l'unanimité dans leurs rangs. Après avoir refusé obstinément toute idée de rogner sur leurs salaires, les voilà qui avancent un compromis" à condition d'être considérés comme des «investisseurs». «Air France a besoin d'acheter des avions; si Spinetta est capable de présenter un bon plan d'investissement, nous y participerons massivement», affirme le SNPL. Façon de parader en partenaires de la direction et non en salariés à qui on en impose. Le deal est le suivant: les navigants veulent bien échanger du salaire (15%) contre des actions dans le cadre de l'ouverture du capital d'Air France prévue cet automne et pour une durée maximum de cinq ans. Ainsi, ils contribueraient au plan d'économies de 500 millions de francs demandé par la direction. Et pour prouver sa bonne foi, le SNPL donnera pour consigne à tous ses adhérents de devenir actionnaires. Mais, méfiant, il prendra le temps qu'il faudra pour ficeler l'opération. Cette solution permet aux pilotes d'enterrer l'autre proposition de la direction, à savoir la grille unique des salaires avec gel des rémunérations pendant cinq ans. Plus gratifiant, l'actionnariat les place à leurs yeux dans une position de cogestionnaires de l'entreprise avec la possibilité d'aller regarder dans les comptes. Durant ces quatre jours de négociations, les pilotes ont testé leurs habits neufs, exigeant d'examiner les charges so

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