Au quatrième jour des négociations, le canard était toujours vivant.
A force de se retrouver dans d'interminables séances de nuit à rabâcher les mêmes arguments et à se perdre dans les détails, la direction d'Air France et les syndicats de pilotes ne savent plus du tout où ils en sont. Vendredi, les deux camps avaient encore rendez-vous à 21 heures (un horaire retardé sans explications), avec un ordre du jour inchangé: trouver une issue à la grève entamée depuis près d'une semaine. «Tous les éléments sont réunis pour une sortie de conflit», a pronostiqué la direction juste avant le début des hostilités. «En cas d'échec, on reprendra lundi. Il n'est pas possible de continuer les nuits blanches comme cela», a répliqué le SNPL, majoritaire chez les navigants.
Pour se sortir du guêpier, la compagnie n'a plus qu'une idée en tête: reporter la discussion à une date ultérieure, après le Mondial. Les pilotes sont proches de penser la même chose certains ont proposé le 30 juillet mais il faudra tout de même, pour cela, en passer par quelques heures sup' de palabres. C'est dire si ces négociations sont vaseuses. «J'ai jamais vu ça. On passe son temps à glandouiller», témoigne un membre syndical. Position ferme. La direction voudrait tenir l'objectif des 500 millions d'économies sur la masse salariale des pilotes. Or ces derniers continuent à chercher toutes les solutions pour y échapper. Dialogue: (les pilotes): «Bon, si on échange du salaire contre des actions. Ça fait combien?»




