Jean-Cyril Spinetta mettra-t-il sa menace à exécution? Soutenu
pleinement par le gouvernement, le PDG d'Air France, qui a estimé dimanche qu'il ne pouvait plus négocier avec les pilotes, s'apprête à annoncer «des mesures importantes» au cours d'un conseil d'administration extraordinaire qui se réunira aujourd'hui ou demain. La direction de la compagnie devrait demander à ses administrateurs d'entériner une baisse des salaires des navigants, probablement à travers la refonte de leur grille des rémunérations. Une décision unilatérale qui ferait l'objet d'une modification statutaire du mode de rémunération des PNT. «Si le président profite de ce conseil pour imposer une nouvelle grille, la fracture entre les pilotes et la direction sera irréversible et impliquera une poursuite de la grève», a fait savoir hier soir le SNPL.
Les passages en force de ce type sont assez rares pour qu'on s'en souviennent à Air France. Le dernier en date remonte à 1996, lorsque Christian Blanc, prédécesseur de Spinetta, avait imposé aux hôtesses et aux stewards une double échelle des salaires à l'embauche, via son conseil d'administration. Souvenir traumatique pour le personnel navigant commercial (PNC), qui a fait réagir hier les pilotes. Tous ont manifesté leur désir d'une reprise du dialogue. Deux organisations (SNPNAC et SPAF) accepteraient, disent-elles, «une nouvelle grille de salaires dans le cadre d'une réduction du temps de travail». Le SPAC et le SNOMAC sont favorables «à un moratoire de la g




