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Libération

Pilotes: seuls au front. Le reste du personnel d'Air France de plus en plus exaspéré.

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Publié le 09/06/1998 à 5h17

«Avec tout ce qu'ils encaissent comme hostilité de toutes parts, je

suis étonné que les pilotes parviennent à tenir une grève de cette ampleur», ironise un navigant à la retraite. Au neuvième jour du mouvement, les 3 260 PNT d'Air France (personnel navigant technique) résistent à la pression constante d'une direction qui guette et convoite leur division, et à celle des autres catégories de personnel, partagées entre la critique exaspérée ­ le plus souvent ­ et le soutien. «Le personnel au sol est très remonté, notamment les agents commerciaux, mais aussi le personnel d'accueil dans les aéroports, explique François Cabrera, de la CFDT Air France. Après plus d'une semaine de grève, ils comprennent que les pilotes ne veulent pas qu'on touche à leurs salaires, alors qu'eux-mêmes ont déjà fait un effort salarial, parfois important.» En effet, de 1992 à 1996, tous les salaires de l'entreprise ont été bloqués ­ des manutentionnaires payés au Smic à ceux des pilotes qui gagnent en moyenne 61 000 F par mois. Puis, il y a deux ans, les hôtesses et les stewards sont passés au régime de la double échelle des salaires qui désavantage les jeunes embauchés par rapport à leurs aînés.

Enfonçant le clou de la différence de traitement et de statut, la direction d'Air France n'hésite pas une seconde à mettre de l'huile sur le feu en expliquant en substance qu'il faut retenir les salariés par le col pour qu'ils ne s'en prennent pas violemment aux pilotes. Idem à Force ouvrière (le syndicat histor

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