Le gouvernement et par extension la direction d'Air France
semblent totalement déterminés à en découdre avec les pilotes de la compagnie. Depuis la fin du week-end et au terme d'une ultime tentative de négociation samedi, il n'est plus question de discuter. Inutile de chercher un accord qui ménage ces seigneurs du ciel. Après huit jours de grève et presque autant de séances de nuit à parlementer, la gestion du conflit a changé radicalement de genre. Fini la méthode Gayssot (le ministre des Transports) et ses efforts répétés pour convaincre Jean-Cyril Spinetta, PDG de l'entreprise, de négocier à tout prix et le plus vite possible avec les navigants. En partie sous la pression du ministère des Finances, le gouvernement, discret dans un premier temps, affiche désormais sa brutalité: pas de compassion pour les pilotes. On n'exclut pas aujourd'hui que tout cela se termine par un réaménagement pur et simple de leur grille des salaires, sans possibilité d'un échange salaire/actions.
Parce que, dit-on aussi bien au gouvernement qu'à la direction de la compagnie, le SNPL, majoritaire, ne veut rien négocier; parce qu'il ne comprend rien au dossier et montre toute son incapacité à le traiter; parce que les navigants pensent, à tort, que l'Etat, actionnaire majoritaire de la compagnie nationale, pourra encore une fois participer au redressement de l'entreprise. A plusieurs reprises, en effet, le syndicat des pilotes a espéré qu'il serait possible de parvenir à un accord qui comportera




