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Libération

La belgique au plus offrant. Le premier groupe sidérurgique va passer dans des mains étrangères. Comme tant d'autres entreprises belges avant lui.

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Publié le 30/06/1998 à 4h44

Belgique envoyé spécial

«Gare à la vilvordisation!» L'avertissement est lancé par le Soir, le second tirage de la presse quotidienne en Belgique. Il résume toutes les craintes d'un pays dont l'économie est grignotée petit à petit par ses puissants voisins. Depuis que Renault a fermé son usine de Vilvorde, et mis à la porte les 3 200 ouvriers qui y travaillaient, la Belgique n'est plus tout à fait la même. Elle accueillait à bras ouverts les investissements étrangers? Elle se montre moins enthousiaste. Elle vendait sans sourciller l'argenterie du ménage? Elle tente maintenant de la garder dans son giron. L'affaire Vilvorde est passée par là, révélant brutalement la vulnérabilité d'une économie dont beaucoup de fleurons sont tombés, en l'espace d'une vingtaine d'années, aux mains de groupes étrangers. Avec à la clé, bien souvent, des restructurations à la hache et des suppressions d'emplois massives, quand ce ne sont pas des licenciements secs.

«Environ la moitié de l'économie du pays est sous contrôle étranger», estime Hilde Spinnewijn, du bureau fédéral du Plan à Bruxelles. Les groupes étrangers représentent 16% des entreprises implantées en Belgique, mais ils réalisent 54% du chiffre d'affaires total. Auteur d'une étude sur la question, elle a calculé que 460 000 personnes en Belgique sont employées par des entreprises contrôlées par des capitaux non belges, soit près de 10% des 4,7 millions de salariés du pays. Dans l'industrie manufacturière, la proportion est encore plus é

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