Coupe du monde oblige, l'humeur des Français est plutôt chauvine ces
temps-ci. Ce sentiment s'exprime d'ailleurs dans des recoins insoupçonnés de la vie nationale. Voilà que, depuis plusieurs jours, quelques élus du conseil de Paris s'inquiètent de voir la tour Eiffel passer sous contrôle américain à l'occasion de la privatisation du Crédit foncier de France. Imaginez la Vieille Dame de Fer traitée comme un pur produit marketing au pays de Disney! Philippe Dominati, UDF, adjoint au maire de la capitale, n'en finit pas de s'indigner de cet outrage fait au patrimoine national. Et demande au maire de Paris de protéger le monument du péril yankee. La mayonnaise parisienne a d'ailleurs pris une telle ampleur que le dossier est remonté hier jusqu'au ministre de l'Economie. Inaliénable. Dans un registre tout ce qu'il y a de plus sérieux, Dominique Strauss-Kahn s'est montré rassurant sur l'avenir de la tour Eiffel: «La ville de Paris est propriétaire de ce monument, a-t-il fait savoir hier par communiqué, et cette propriété est imprescriptible et inaliénable. En tant que propriétaire et autorité concédante de la tour Eiffel, la Ville de Paris aura pleine liberté pour apprécier dans quelle mesure l'évolution éventuelle du capital du CFF doit avoir des conséquences sur la structure chargée de la gestion de la tour.» Fonds de pension. D'où vient un tel affolement? Au point de départ, il n'était question que de la privatisation du Crédit foncier, un établissement bancaire public mal




