Quatre jours après l'ouverture officielle, plus aucune marchandise
ne rentre ou ne sort du nouvel aéroport de Hong-kong. Hier, Chek Lap Kok, la gigantesque plate-forme aéroportuaire construite sur la petite île de Lantau, à l'extérieur du territoire chinois, pour la bagatelle de 120 milliards de francs, a purement et simplement suspendu toutes ses activités de fret (à l'exception du transport de denrées périssables, de journaux et de médicaments). Au moins pour huit jours. Peut-être plus. Impossible d'importer ou d'exporter: les avions-cargos des compagnies aériennes qui transitent régulièrement par Hong-kong en sont pour leurs frais. «Les conteneurs traînent sur les pistes et même les marchandises alimentaires ne sont pas stockées, elles pourrissent sur place», raconte un responsable français de Cathay Pacific, la compagnie aérienne de Hong-kong. «C'est une vraie catastrophe, et chacun cherche une solution de remplacement.»
La catastrophe est essentiellement informatique. Les systèmes de gestion du Super Terminal 1 (le terminal fret de Chek Lap Kok) sont en panne. «Le vrac, le stockage, rien ne marche, explique un spécialiste du fret en Asie. Or, dans les aéroports, le fret ne marche plus qu'en fonction d'une logistique très précise. Autrement, tout est planté.» A Chek Lap Kok, les tests informatiques n'étaient pas terminés au moment de l'ouverture de l'aéroport et il n'aura suffi que de quelques jours pour que l'ensemble du système ne fonctionne plus du tout.
Sur le papier,




