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Libération

Japon: après la crise bancaire, les faillites industrielles. Même les grands groupes ferment des usines.

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Publié le 05/09/1998 à 11h15

Tokyo, de notre correspondante.

Jusqu'ici, l'analyse était simple: on expliquait que le Japon avait le système bancaire le plus mal en point de la planète, que le secteur de l'immobilier était en faillite, mais que cette crise n'était pas si grave car ses fleurons industriels, eux, continuaient à conquérir le monde et à faire tourner l'économie. Or c'est désormais dans l'industrie que s'accumulent les plus mauvaises nouvelles. Et même dans des secteurs où le Japon a plutôt l'habitude de donner l'exemple, comme l'électronique, l'automobile ou la sidérurgie.

Le géant de l'informatique Fujitsu a annoncé hier la fermeture de son usine de semi-conducteurs du nord-est de la Grande-Bretagne (située dans la région électorale de Tony Blair), ouverte il y a à peine sept ans. Motif: la production de composants, des mémoires dites DRAM, utilisées dans les micro-ordinateurs, est devenue un gouffre financier. Fujitsu y avait investi 3,5 milliards de francs. Toute la production sera rapatriée au Japon et dans son usine américaine. Mais, déjà, les analystes parient que Fujitsu va vendre cette dernière. Mitsubishi Electric et Hitachi, deux autres mastodontes du secteur, viennent pour leur part d'annoncer la fermeture de leurs usines de semi-conducteurs outre-Atlantique. Le premier est tombé dans le rouge l'an dernier pour la première fois de son histoire; le second prévoit pour cette année ses premières pertes, pour un montant colossal de près de 11 milliards de francs.

Même ceux qui continuen

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