Quel est l'impact d'une baisse du dollar sur l'économie française?
Elle joue en fait dans les deux sens. D'un côté, elle réduit le coût des importations libellées en dollar, notamment celles des matières premières. De l'autre, elle rend les produits exportés moins compétitifs face à la concurrence. Il est très difficile de faire la balance, qui met en jeu des enchaînements complexes, mais les économistes s'accordent à considérer que la baisse du dollar a, pour une économie française «ouverte» sur le reste du monde, un effet globalement défavorable. Selon les calculs réalisés l'an passé par l'Insee, une variation du dollar de 10% aurait un impact négatif ou positif d'environ 0,4% sur le PIB sur un an. Si la baisse actuelle du dollar (de 4% environ) devait durer, elle devrait donc rogner le PIB de près de 0,2%.
Selon les secteurs, l'effet sera plus ou moins douloureux. En France, des secteurs comme le tabac, l'édition, la céramique, le bois, les meubles ou l'automobile sont peu exposés à la concurrence de la «zone dollar». En revanche, le transport maritime et aérien, l'informatique, les cuirs et chaussures ou les boissons sont beaucoup plus sensibles.
La complexité de l'effet «dollar» se retrouve dans les comptes de chaque entreprise. «Nous sommes un groupe très international, avec des achats, des usines et des ventes partout dans le monde», nuance ainsi Alain-Serge Delaitte, chez Pernod Ricard. «Une baisse du dollar rend plus difficiles nos exportations, mais réduit le coût de




