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La Hongrie fait grise mine dans l'ombre du rouble. Ses exportations dépendent trop du marché russe.

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Publié le 03/10/1998 à 13h16

Budapest, de notre correspondante.

Officiellement, la crise russe ne fait pas de vagues en Hongrie. C'est du moins la version des pouvoirs publics qui s'employaient à minimiser les effets de la chute du rouble sur l'économie nationale au début du mois de septembre. «Cette crise n'aura pas de répercussions majeures sur le système bancaire hongrois ["]. En outre, 4% de nos exportations seulement vont à la Russie», assurait le président de la Banque centrale, György Suranyi. Ce chiffre masque une partie de la réalité: quelques secteurs vendent encore une part substantielle de leur production à l'ex-«grand frère».

Faillites inévitables.L'industrie alimentaire, qui emploie 60 000 personnes en Hongrie, consacre ainsi 18% de ses exportations à la Russie, et certains petits producteurs de conserves dépendent même à 90% de ce marché. «Des faillites seront inévitables dans notre industrie», estime Istvan Temesföi, directeur de la société Globus qui réalise un tiers de son chiffre d'affaires avec la Russie grâce ses conserves de petits pois, maïs et tomates. Si on compare ce chiffre à celui de l'an dernier à la même époque, il a déjà chuté de moitié. Globus espère toutefois s'en sortir en négociant des accords de troc. «ça m'est égal que les Russes me proposent un troc, du moment que je suis payé à la livraison; il y a toujours moyen de s'arranger», explique le chef d'entreprise qui se rassure comme il peut. «Même si les Russes ne peuvent s'offrir des vêtements ou des voitures, ils auron

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