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EMPLOI. Contrats, salaires, horaires... s'individualisent. Feu sur le collectif.

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Publié le 14/12/1998 à 19h47

C'est la grande mode du one to one. Appliquée au marketing, à

l'industrie et aux services, on traduira par «offre personnalisée», ou par sur mesure. Dans le monde du travail, le terme qui colle le mieux est sans doute individualisation. Et jamais il n'a été aussi souvent employé. Au contrat collectif, les employeurs préfèrent de plus en plus les petits arrangements avec leurs salariés. L'incessante quête de flexibilité les pousse à personnaliser toujours plus les salaires, les contrats et les horaires de travail. Il n'est plus rare de voir dans un bureau, un atelier ou un magasin des salariés traités différemment en dépit de qualifications et fonctions identiques.

Lorsque cela se fait en adéquation avec les desiderata des salariés, personne n'y trouve à redire. Les employeurs ont même beau jeu de dire que l'individualisation ­ assortie, disent-ils, de responsabilités accrues et d'autocontrôle ­ correspond aux souhaits d'une partie de leur personnel d'être distinguée du lot. Mais les inégalités de traitement que cette politique engendre forcément font moins d'heureux que de frustrés. Et rares sont ceux qui accordent du crédit à l'objectivité des systèmes d'évaluation qui prolifèrent dans le sillage de l'évaluation. Les syndicats, qui ne savent plus trop comment répondre à la multitude de situations particulières, craignent de voir les plus faibles des salariés s'embourber dans des «négociations de gré à gré» avec les employeurs. Mais ils n'ont pas vraiment d'autre choix aujo

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