Masaori Hanada, économiste, professeur au département de sciences
sociales de l'université de Kumamoto, est spécialiste de l'industrie et des relations sociales. Il a effectué de nombreux travaux sur le syndicalisme chez Nissan.
La présence syndicale est-elle forte chez Nissan?
Le temps est révolu où le syndicat de Nissan pouvait bloquer un investissement à l'étranger, comme ce fut le cas au début des années 80, quand la direction avait décidé de façon unilatérale de s'implanter en Grande-Bretagne. Le syndicat, qui, à l'époque, disputait le pouvoir à la direction, avait déclenché une offensive, arrêtant fréquemment les chaînes de montage. Le projet n'a vu le jour que treize ans plus tard.
Néanmoins, il faut savoir qu'au Japon le syndicalisme est un syndicalisme d'entreprise, en général très coopératif avec la direction de l'entreprise. Dans les grandes entreprises japonaises du secteur privé, le taux de syndicalisation est de 100%. Ce qui signifie que tous les salariés, à l'exception des cadres, sont dans la plupart des cas membres d'un syndicat unique.
Chez Nissan, le syndicat a fonctionné de façon duale: coopération avec la direction, d'une part; interventionnisme poussé dans des domaines normalement réservés à la direction, comme la stratégie de l'entreprise, d'autre part. Ce qui a donné, au bout du compte, une situation tout à fait atypique où la direction était soumise à la volonté du syndicat. Ce système a bien marché et s'est même révélé utile et efficace en période de cro




