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Libération

Afrique: la difficile unité de la zone franc. L'instauration d'un marché unique, à l'ouest du continent, pourrait être retardée.

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Publié le 24/04/1999 à 0h27

Dakar, correspondance.

La zone franc ne se porte pas mal. Réunis jeudi à Dakar, les ministres des Finances africains et français ont pu se féliciter que la croissance de la zone se soit maintenue à +4,8% en 1998, après +5,0% en 1997. Et, contrairement aux craintes exprimées l'an dernier, la stabilité monétaire n'a pas été affectée par l'avènement de l'euro. Les pays de la zone franc doivent maintenant renforcer leur intégration régionale, a plaidé Dominique Strauss-Kahn: «Il faut mettre en place, dans la zone franc, des instruments de convergence de la même puissance qu'en Europe.»

Depuis cinq ans, l'Afrique de l'Ouest et l'Afrique centrale, les deux régions du franc Cfa, ont mis en place des unions économiques: la Cemac (Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale) et l'Uemoa (Union économique et monétaire de l'Afrique de l'Ouest). Des deux régions, l'Afrique de l'Ouest est la plus avancée. Elle doit, l'an prochain, instaurer une zone de libre-échange entre les pays membres de l'Uemoa: Bénin, Burkina Faso, Côte-d'Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo. Et le processus d'harmonisation des tarifs douaniers devrait également s'achever en janvier 2000. Mais il n'est pas encore sûr que ce marché unique de 60 millions de consommateurs voie le jour dans les délais prévus. «Tout laisse à croire que l'étape finale de janvier 2000 sera respectée malgré les difficultés qui pourraient surgir çà et là», a prudemment déclaré le ministre sénégalais de l'Economie.

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