Laura Ashley résistera-t-elle à l'an 2000? La marque anglaise de
prêt-à-porter et d'ameublement, dont l'emblème fut longtemps la petite-robe-en-coton-fleuri, façon la Petite Maison dans la prairie, est au bord de la faillite. La semaine dernière, l'entreprise britannique a été contrainte par ses banquiers à vendre ses activités aux Etats-Unis: une centaine de magasins cédés pour 1 dollar symbolique à son encadrement. Les créanciers n'ont laissé aucun choix aux dirigeants: l'opération qui se traduit par l'effacement immédiat de la dette devrait déboucher sur une nouvelle entité et s'accompagnera d'une augmentation de capital de 250 millions de francs. La situation financière et commerciale de Laura Ashley aux Etats-Unis est tellement peu encourageante que la banque d'investissement Goldman Sachs, chargée de trouver un repreneur, n'a finalement récupéré qu'une seule candidature: celle du management. «L'expansion interna- tionale de l'entreprise a été beaucoup trop rapide, alors qu'en Grande-Bretagne Laura Ashley n'était déjà plus une marque très porteuse», constate un consultant américain. Démodée sans aucun doute, Laura Ashley possède pourtant plus de 300 boutiques en Europe et y emploie 4 500 salariés. Mais, depuis plusieurs années, le groupe est chroniquement déficitaire (179 millions de francs en 1998 pour un chiffre d'affaires de 2,8 milliards), ses prévisions de vente de plus en plus mauvaises (moins 9% en 1999) et ses dirigeants dix en dix ans dans l'incapacité




