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Horaires: comment accommoder le cadre. La CGT dénonce les pratiques abusives. Exemple avec Matra-Marconi-Space.

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Publié le 27/05/1999 à 1h12

Alors que le gouvernement mijote la seconde loi sur les 35 heures,

qui doit notamment préciser le sort des cadres, les syndicats accentuent leur campagne contre les pratiques abusives touchant l'encadrement. Hier, l'Ugict, le syndicat des cadres CGT, tirait la sonnette d'alarme, avec à l'appui une note confidentielle émanant de la direction des ressources humaines de Matra-Marconi-Space: «Une illustration caricaturale des pratiques en vigueur dans les grandes entreprises concernant les cadres.» Si cette bafouille n'est pas récente ­ elle date du 13 mai 1996 ­, elle frise cependant l'illégalité. Cette année-là en effet, l'inspection du travail débarque sur le site toulousain de l'entreprise et constate que les horaires des cadres n'y sont pas comptabilisés. Jusque-là, rien d'exceptionnel. Son procès-verbal est classé sans suite. A la suite de cette visite, la direction procède à un pointage discret et fait ses propres calculs. Résultat, l'horaire hebdomadaire des cadres est estimé à 45 heures, voire 48 h 55 pour certaines catégories. Et la direction d'en conclure que ces heures sup, si elles devaient être payées, lui coûteraient «près de 150 millions par an». Le document préconise de passer l'ensemble du staff au «forfait tous horaires», formule admise par la jurisprudence pour les seuls cadres supérieurs, très responsables et très autonomes. Sauf que «la plupart des ingénieurs sont en fait des techniciens sans aucune responsabilité, et leur niveau d'autonomie est limité», pr

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