Jérôme Seydoux vient de vivre les six mois les plus aventureux de
son parcours audiovisuel. Actionnaire majoritaire du plus petit groupe français du secteur, il s'est retrouvé brutalement au centre de toutes les convoitises parce qu'il détenait les deux bonnes clés (CanalSatellite et BSkyB) du monde de la télévision numérique. Il rêvait de racheter TF1, mais vient pourtant de vendre ses joyaux à Canal Plus et Vivendi. Retour sur cette longue guerre de positions. Bolloré s'invite chez Seydoux Dimanche 13 décembre 1998, Jérôme Seydoux convoque ses banquiers et ses avocats. Il a constaté une très forte activité sur le titre Pathé. L'intrus peut aussi bien être un américain. En France, tous les acteurs des médias figurent sur la liste: François Pinault, le nouvel actionnaire de Bouygues, Canal Plus ou Vivendi, ou encore Vincent Bolloré.
Le lendemain, ce dernier envoie à Jérôme Seydoux la copie du fax qu'il vient d'adresser au Conseil des marchés financiers (CMF). Il indique qu'il détient un peu moins de 20% de Pathé. Pas un coup de fil, pas un mot personnel. L'argument de Bolloré est simple: «Pathé est un bon placement et j'ai beaucoup de trésorerie.» Menaçant, il prévient Seydoux qu'il est prêt à rester sous la barre de 20%, à condition que le PDG de Pathé n'appelle pas ses amis à la rescousse. Dans le cas contraire, il passera à l'attaque.
Le PDG de Bolloré Technologies a compris la position charnière de Pathé dans l'audiovisuel français. Le groupe est à la fois actionnaire à 2




