Rotterdam envoyée spéciale
Au 17e étage de la tour de la Société du port de Rotterdam, les baies vitrées laissent apparaître un spectacle géant: le plus grand port du monde s'étend à ses pieds et se perd à l'horizon vers l'ouest, vers l'embouchure de l'estuaire: impossible d'en apercevoir la fin au bout de ses 40 kilomètres de long. Chaque centimètre carré semble être utilisé à des fins productives, chaque grue à l'air d'être à sa place, chaque container bleu, rouge ou gris disposé là où il faut: l'organisation néerlandaise se retrouve dans les moindres détails de cet énorme spectacle.
Premier port mondial. Depuis trente ans, Rotterdam devance de loin ses concurrents européens et arrive même en première position mondiale en termes de volume de marchandises. Pourtant, dans ce contexte de triomphe, une inquiétude se fait jour: «En 2004, les capacités du port arriveront à leur limites. Si on laisse faire les choses, Rotterdam devra refuser des commandes. Il faut réagir, sans quoi le moteur de l'économie néerlandaise va s'enrayer», lancent les dirigeants de la Société du port de Rotterdam. L'agrandissement du port est «le» sujet chaud actuellement à Rotterdam. Ce complexe monstrueux, responsable de 7% du produit national brut et sans aucune proportion avec la taille du pays qui l'abrite est un objet de fierté nationale et doit garder à tout prix sa réputation et son attrait pour les nouvelles entreprises, pense-t-on sur les bords de la Meuse.
Pour l'instant, la situation rest




