Tokyo de notre correspondante
Le Japon ne savait pas très bien comment réagir hier à la sévérité du plan de restructuration de Nissan communiqué la veille par le nouveau patron du deuxième constructeur nippon, Carlos Ghosn. Les mesures, qui prévoient la fermeture de cinq usines au Japon et la suppression de 21 000 emplois, dont 16 500 dans l'archipel, sont de l'avis général «plus radicales que prévues» et «feront très mal».
Le journal Mainichi note que le personnel et les sous-traitants de Nissan sont «choqués» par le caractère «sans pitié» des mesures annoncées. Le Nihon Keizai souligne, pour sa part, que la méthode adoptée par Carlos Ghosn «ne peut être qualifiée de cruelle même si elle est audacieuse». Pour le quotidien proche des milieux d'affaires, il convient en effet de se rappeler «où en était cette société qui durant plusieurs années n'est pas parvenue à enrayer ses pertes». Le quotidien Sankei déplore qu'une telle «opération chirurgicale audacieuse» n'ait eu lieu qu'après l'entrée de Renault dans le capital de Nissan et va jusqu'à réclamer la démission des anciens dirigeants. Mais l'inquiétude générale se focalise sur «la destruction du kereitsu (le réseau de sous-traitants) Nissan». En annonçant que Nissan allait vendre une grande partie de son portefeuille d'actions et réduire de moitié le nombre de ses fournisseurs, l'ex-numéro 2 de Renault a signifié la fin des liens traditionnels entre le constructeur et la kyrielle d'entreprises qui gravitait autour. Et c'est




