Directeur général d'Ipsos Opinion, Pierre Giacometti analyse l'évolution du moral des Européens et plus particulièrement des Français.
Les conjoncturistes sont optimistes, les Européens le sont-ils tout autant?
Presque partout en Europe, et depuis deux ans, les indicateurs de confiance évoluent à la hausse. Ce regain de confiance n'a rien de comparable avec ce qu'on a pu constater dans des périodes de reprise précédentes. On n'avait jamais eu de mouvements aussi forts, aussi simultanés dans plusieurs pays; Les opinions ont fini par intégrer le fait que quand l'environnement général s'améliore, il s'améliore pour tout le monde. Reste cependant encore une forte empreinte nationale. Il y a des différences très significatives entre l'Espagne, où le mouvement de confiance touche l'ensemble des catégories sociales y compris les populations à revenu modeste, et l'Allemagne où au contraire, on note une vraie détérioration du climat. La France se situe entre les deux. Les Français sont, en Europe, ceux qui sont les plus positifs pour qualifier la situation générale de leur pays. Mais, et c'est un paradoxe, dès qu'ils se projettent dans l'avenir, les résultats sont plus modérés.
A quoi cela tient-il?
D'abord, il y a une part importante de l'opinion française qui ne ressent pas le bénéfice de la reprise. La France est le pays où le décalage est le plus marqué entre les milieux favorisés et les milieux d'employés, d'ouvriers, des gens confrontés à des situ




