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Le sommet de la mondialisation. Un défi pour les Américains. L'ouverture des marchés est l'objectif no 1 de la stratégie Clinton.

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Publié le 30/11/1999 à 1h29

Seattle envoyé spécial

Quand il débarquera ce soir à Seattle, Bill Clinton aura tout de l'apprenti sorcier qui ne sait plus comment arrêter la machine infernale qu'il a lui-même mise en marche. Le 3e sommet de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) devait être l'un des joyaux du legs qu'il voudrait bien laisser derrière lui en quittant la Maison-Blanche dans un peu plus d'un an. Au lieu de quoi, il est en passe d'être éclipsé par ce que les médias appellent déjà le «Woodstock antimondialisation» et qui sera probablement une des plus importantes manifestations de rue hostiles de son double mandat. Quand il a récemment visité l'usine Harley-Davidson de Seattle, Clinton a été obligé de constater qu'«il y a en fait plus de controverses et de divisions au sujet du libre-échange" qu'en 1993 ou en 1994, quand nous avons adhéré à l'OMC. Et ce, bien que la croissance se soit envolée!». Ce qui est bon pour Boeing" Depuis son élection en 1992, Clinton a oeuvré de manière peut-être encore plus systématique qu'aucun de ses prédécesseurs pour mettre le commerce international au coeur de la stratégie américaine en matière de politique étrangère. Du passage de l'Accord de libre-échange nord-américain (Nafta en anglais) à l'adhésion à l'OMC, qu'il a lui-même imposée à son propre parti démocrate, il n'a eu de cesse que de faire de l'ouverture des marchés internationaux l'objectif numéro un de sa diplomatie. Il a été en cela un élève modèle du principe exprimé par Phil Condit, PDG de Boeing

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