Ajaccio, envoyé spécial.
La Corse redevient aujourd'hui une île puisqu'elle est totalement coupée du continent. Alors que l'assemblée territoriale doit sceller le sort de la compagnie aérienne Corse Méditerranée (CCM), ses salariés en grève ont été rejoints par ceux d'Air France et des deux compagnies maritimes SNCM et CMM. Hier les élus se sont employés à dénouer les fils de cette situation socialement explosive à grands renforts de tractations de couloirs dans une assemblée transformée pour l'occasion en fort Chabrol. Au point de chauffer l'indépendantiste Paul Quastana, du groupe Corsica Nazione, particulièrement énervé par ce déploiement de force. «On est ici chez nous. Qu'est-ce que cela veut dire? On va bientôt me demander mes papiers pour rentrer. Si ça continue, je viens avec mon 4 x 4 et j'enfonce les grilles», tempêtait l'élu nationaliste. Appel d'offres. Pour tenter de sortir de l'impasse, l'exécutif de la région (le gouvernement), présidé par le RPR Jean Baggioni, a remis aux différents groupes de l'assemblée territoriale un rapport sur la libéralisation du ciel corse. Afin de sortir de la situation explosive déclenchée par l'appel d'offres obligatoire la compagnie Air Littoral a fait une proposition nettement plus intéressante que celle de la CCM (filiale de la collectivité territoriale) , les responsables politiques ont proposé de suspendre tout simplement cette procédure. «Comme légalement il n'y avait pas d'autres solutions que de retenir Air Littoral»,




