Le premier sous-sol du parking, du côté de la rue Westermeyer, a
d'agréables relents de marché noir à la soviétique. Au niveau C-bleu, de hautes barrières de métal délimitent une enceinte que les voitures longent dans des vapeurs de fin d'année. La lumière y est pâle, l'ambiance chaude. «Le problème, c'est qu'on ne peut pas vraiment stocker les sapins.» Une histoire de température. «Pour lui, passer de 2 à 20 °, c'est pas facile.» Stéphanie et André, aimables saisonniers, viennent depuis deux ans vendre la production d'un éleveur de troncs vivants à Champeau-en-Morvan. Là-bas, «il est cultivé comme la betterave, on le plante tous les mètres, et, chaque année, on en coupe un sur deux, pour redonner de l'air aux autres».
Ici, il est livré tous les deux jours et s'arrache comme des petits pins, «4 600 depuis l'ouverture, début décembre», explique Aziz, charmant caissier du Carrefour. Derrière les chiffres, la réalité est plus cruelle. Et stigmatise la désaffection pour l'un et l'amour naissant pour l'autre. L'épicéa (35 F, prix de base) est en perte de vitesse, le nordmann (400 F, tarif ultime) a le vent en poupe. Le premier, scié depuis que Noël est affaire de fêtes, subit le contrecoup de l'urbanisation et du chauffage au sol, voire des radiateurs muraux: au bout de deux jours en appartement, il craque et rend les armes. Qui jonchent la moquette et font tousser l'aspirateur. Tandis que le nordmann! Plus cher, bien sûr, mais qui sait si bien ses aiguilles garder. La ménagère app




