AOL et Time Warner pouvaient-ils encore étendre leur emprise? Une
nouvelle pièce, pas des moindres, s'ajoute à l'empire issu de leur union: EMI, le groupe d'édition musicale britannique, a annoncé hier qu'il était sur le point de conclure un accord de fusion de ses activités musicales avec Time Warner. Jusqu'ici, ils sont respectivement cinquième et quatrième mondiaux. Ensemble, ils formeront le numéro un du secteur. Mais cet avènement est aussi la fin d'un symbole. EMI (12,8% du marché mondial) était l'ultime major à ne pas être tombée dans le giron d'un grand groupe de communication.
Il ne manquait plus hier soir que l'approbation des actionnaires. Une formalité, puisqu'ils sont sans doute les premiers à faire une bonne affaire. L'opération, estimée à 131 milliards de francs, est déjà bénie par les analystes boursiers, rendus euphoriques par le rachat de Time Warner par AOL. La logique industrielle en oeuvre est ici la même: faire converger dans une même entreprise des oeuvres (des «contenus», dans le nouveau jargon) et un nouveau moyen de diffusion, l'Internet par les lignes téléphoniques via AOL ou par le câble, grâce à Time Warner.
L'Internet en ligne de mire. L'accord «donne à EMI la souplesse nécessaire pour vendre directement aux acheteurs individuels, observe Carlo Campomagnani, analyste à Credit Suisse First Boston. Dans les jours anciens, la valeur d'EMI était mesurée au cash généré par la vente de disques. Dans le nouvel environnement, son contenu peut être utilis




