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Enquête

Bonnes actions à Pukkila

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GRAND ANGLE. Un village finlandais est devenu richissime grâce aux titres Nokia hérités en 1962. La vie s'écoulait paisiblement à Pukkila, jusqu'au jour où la téléphonie mobile, et le géant finlandais Nokia, ont explosé. D'un coup, le village s'est retrouvé à la tête d'un énorme magot. De quoi semer la zizanie entre les 1890 habitants.

Publié le 11/02/2000 à 22h19, mis à jour le 11/02/2000 à 22h19

Pukkila (Finlande), envoyé spécial.

Tous les matins, dans la modeste maison de retraite en bois jaune de Pukkila, un petit village rural et vallonné à 80 kilomètres au nord d'Helsinki, Eiva-Sisko Jokinen, une jeune employée, rassemble ses fidèles. Vers 9 heures, entourée de six ou sept résidents dont la moyenne d'âge tourne autour de 85 ans, elle procède au rituel de la lecture de la page Bourse du quotidien régional. Ou plutôt, elle contrôle la valeur de Nokia, le géant finlandais des téléphones mobiles, et indique à ses auditeurs attentifs la baisse ou la hausse du jour. «Une variation d'un euro du cours de Nokia signifie une perte ou un gain de un million de markka (1,1 million de francs) pour la maison de retraite», explique Eiva-Sisko le plus tranquillement du monde. Car à Pukkila vivent les retraités virtuellement les plus riches de Finlande, grâce à un héritage de quelques actions Nokia datant d'une quarantaine d'années. Le portrait du bienfaiteur de la maison de retraite, désormais fameuse dans tout le pays, trône dans la salle à manger. De grands yeux ronds derrière de petites lunettes ovales, crâne rasé, Onni Nurmi, né en 1885 à Pukkila, vivotait d'un petit magasin, jusqu'à sa faillite. Endetté, il émigra entre les deux guerres aux Etats-Unis. Après quinze années passées en Amérique, fortune faite, il revint payer ses dettes et s'installa à Helsinki où il mourut en 1962. On ne sait pas grand-chose de lui, mais à sa mort, il légua des actions Nokia à la commune de so

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