Paris-La Défense, septembre 1999, siège de la Société générale.
Depuis quelques jours, les superflics de la Commission bancaire une émanation de la Banque de France sont dans la maison. Rien de très étonnant, a priori: la loi bancaire autorise ces «auditeurs» à vérifier à leur gré la situation financière des établissements de crédit au nom de la solidarité de place. Ce que les limiers de la Commission bancaire ne se privent pas de faire quand bon leur semble. Rien qu'en 1998, 233 enquêtes ont ainsi été menées. En principe, c'est de la routine: «Nous sommes parfaitement fondés à rendre visite à telle ou telle banque, même si nous ne publions jamais nos conclusions qui sont couvertes par le secret professionnel», justifie aujourd'hui l'entourage de Jean-Claude Trichet, le gouverneur de la Banque de France.
Mais voilà, l'assiduité des limiers de la Commission auprès de la banque de Daniel Bouton qui confirme officiellement leur récente visite a laissé des traces dans la maison. «D'habitude, la Commission bancaire se fait ouvrir les livres de compte, vérifie pour la forme et s'en va poliment. Cette fois-ci, cela ne s'est pas du tout passé comme cela. Les inspecteurs ont vérifié une foule de détails qu'ils négligent habituellement», affirme un protagoniste. De fait, la Commission s'est livrée à une enquête extrêmement minutieuse sur certaines activités de marché de la Société générale. Dans son collimateur, les risques pris par la banque dans le secteur du trading de devise




