A quelques jours de l'assemblée générale des actionnaires du groupe
André le 29 février, ses dirigeants sortent de leur silence pour tenter de résister aux actionnaires contestataires, les deux fonds Atticus et Guy Wiser-Pratte, qui réclament un changement de stratégie et de direction du chausseur français (Libération du 15 février). Hier, dans une interview au Figaro, Jean-Claude Sarazin, le PDG du groupe a accusé ses assaillants de mener une action de concert. «Ces gens-là, dit-il, veulent prendre le pouvoir sans avoir à lancer une OPA.» Avec 32,4% des titres, Atticus, présidé par Nathaniel de Rothschild, se situe juste en dessous du seuil de participation (33%) qui oblige un actionnaire à lancer une OPA sur 100% des titres d'une entreprise. Ses porte-parole affirment toujours qu'il n'y a aucune action de concert avec Guy Wiser-Pratte (8,7% du capital d'André). Dans un encart publicitaire publié hier, Atticus appelle tous les actionnaires de groupe André à lui faire confiance: d'abord en acceptant la nomination de quatre administrateurs du fonds alors que Wiser-Pratte en réclame deux; ensuite en refusant la confiance à l'actuelle direction. A partir de maintenant, les deux camps vont entamer le fameux «proxy-fight»: une guerre de procurations, puisque chaque vote d'actionnaire comptera le 29 février. Enfin, hier soir, Atticus a obtenu la mise sous séquestre de l'autocontrôle d'André (7,88% des titres) par le tribunal de commerce de Paris, empêchant ainsi le groupe à placer




