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Libération
Enquête

GRAND ANGLE. Il y a six mois, la BNP emportait Paribas. Dans le chaudron de la fusion.

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Publié le 23/02/2000 à 22h40

«Dans six mois, avait-il dit fin août, vous verrez les premiers

effets de la fusion" BNP-Paribas sera incontournable.» L'épuisante bataille pour le contrôle de la Société générale et de sa fiancée Paribas venait de s'achever. La proie principale avait réussi à échapper à la BNP. Mais Paribas est tombé dans son escarcelle. D'un pas aérien, visage serein, presque souriant, Michel Pébereau, grand vainqueur de la bataille bancaire de l'an dernier, passe aujourd'hui sous le regard non moins royal de Louis XIV à cheval. La statue de Girardon est au coeur de Paribas, dans l'«Orangerie» de la rue d'Antin. Ici, tout n'est que raffinement. Tapisseries bleu horizon, épaisse moquette crème, le cadre tranche avec les boiseries sombres de la BNP.

Planter le décor Pendant six mois, Michel Pébereau a piloté la fusion depuis son bureau du boulevard des Italiens, obligeant les éminents directeurs à faire la navette. Dix minutes à pied, cela n'a l'air de rien, mais on arrive souvent essoufflé aux rendez-vous. Le 7 février, les directeurs de la BNP les plus concernés par la fusion ont déménagé rue d'Antin. Michel Pébereau s'est lui-même installé dans le bureau occupé jusqu'à fin août par André Lévy-Lang, l'ancien patron de Paribas, même s'il a gardé son pied-à-terre des «Italiens», siège social du nouveau groupe. Il y a accroché son précieux portrait de Colbert. Louis XIV ne suffisait donc pas? «Ce n'est pas parce qu'on me trouve rigide que je vais renoncer à mon Colbert», raille Pébereau. Les di

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