APA est mort-né. Cette nouvelle entreprise, qui devait devenir le
deuxième producteur mondial d'aluminium, juste derrière l'américain Alcoa, lui-même en cours de fusion avec son compatriote Reynolds, n'a pas convaincu la Commission européenne. Sauf surprise de dernière minute, elle rendra aujourd'hui un avis négatif à la mégafusion (annoncée le 16 septembre 1999) entre le canadien Alcan, le français Pechiney et le suisse Algroup (20,8 milliards d'euros de chiffre d'affaires à eux trois). Seuls Alcan et Algroup seront, s'ils le souhaitent, autorisés à convoler en justes noces, les deux groupes ayant accepté de se plier aux exigences des gardiens de la concurrence européenne. Ce qu'a refusé jusqu'au bout le groupe français dirigé par Jean-Pierre Rodier, explique-t-on à Bruxelles. Pechiney risque donc de se retrouver isolé sur la scène mondiale.
Dans l'entourage du commissaire chargé de la concurrence, Mario Monti, on ne cache pas une certaine incompréhension: «Les sacrifices que nous demandions aux Français étaient bien moindres que ceux acceptés par leurs partenaires. S'ils n'ont pas joué le jeu de la négociation, c'est peut-être parce qu'ils avaient d'autres projets en tête.» Autrement dit, Bruxelles soupçonne Pechiney d'avoir délibérément saboté la naissance d'APA dans le but de conclure une alliance alternative avec un autre industriel de l'aluminium. «Nous démentons formellement cette information», faisait pourtant savoir hier l'entourage de Jean-Pierre Rodier.
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