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Danone raccroche la «Kro». Kronenbourg, Kanterbrau"" cédés au britannique Scottish & Newcastle.

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Publié le 21/03/2000 à 23h09

C'est la fin d'une époque: celle où les permissionnaires du service

militaire envahissaient les gares, l'inévitable bouteille de «Kro», «la» bière française, à la main contribuant bruyamment au moral des troupes. Le service militaire passe à l'as, et la bonne vieille Kro au britannique Scottish & Newcastle. Trop démodée, trop «popu», la Kronenbourg bien de chez nous, pour mériter de rester dans le giron du groupe Danone, tout comme les marques Kanterbrau, Valstar, 1664 et Gold, qui, associées au belge Alken Maes (cédé dans la foulée), assuraient tout de même 7,5 milliards de francs de chiffre d'affaires. Après s'être débarrassé successivement des plats cuisinés, des plats surgelés (Vivagel) et de l'emballage en verre creux (BSN), Franck Riboud, le PDG de Danone, ne voulait plus entendre parler de bière: Kronenbourg est trop petit avec ses 10 millions d'hectolitres annuels face à Heineken, le numéro 1 européen et ses 80 millions d'hectolitres, ou face à Anheuser-Busch, le champion mondial américain avec ses 130 millions d'hectolitres.

Malin. Le problème, c'est que la bière fait mousser des bénéfices récurrents et que la vendre revient à y renoncer. «Dans la brasserie, la marge de Danone est de 12 à 13%, soit pas loin de 600 millions de francs de profits chaque année», explique l'analyste d'une grande banque française. D'où l'idée d'un montage financier sur mesure qui permet à Riboud de vendre" tout en continuant à encaisser l'équivalent des précieux 600 millions de francs sou

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