Les salariés d'Air Liberté trouveront-ils un jour la paix et la
tranquillité? Ils n'y croient plus eux-mêmes et c'est justement parce qu'ils s'inquiètent d'un nouveau changement de propriétaire qu'ils étaient en grève hier. Tous les vols vers Bordeaux, Montpellier, Nice, Perpignan, Toulon et Toulouse au départ d'Orly étaient annulés vendredi. Ce que veulent les 2 500 employés de la compagnie? «Faire entendre la voix des salariés» dans l'actuel processus de vente d'Air Liberté, puisque British Airways, sa maison mère britannique, a mis en vente sa filiale afin de se retirer d'un marché domestique français qui ne lui a pas porté bonheur. Après plusieurs semaines de suspens, Air France, l'un des deux candidats au rachat, a fini par jeter l'éponge au profit du groupe helvétique Swissair. Cependant, dans les formes, l'opération de cession présente un emballage franco-français.
British Airways est effectivement entré dans une phase de négociations exclusives avec Taitbout Antibes, un établissement financier européen contrôlé à parité par le Groupe Alpha (un fonds d'investissement) et la grande dynastie industrielle Marine Wendel (l'un des actionnaires majoritaires de la CGIP présidée par Ernest-Antoine Seillière). Marine Wendel détient déjà 51% de la compagnie aérienne française AOM, tandis que Swissair Group possède 49% de cette même compagnie ainsi que 49% d'Air Littoral. En résumé, si la transaction évaluée à 500 millions de francs se réalise, Marine Wendel et Swissair regrouper




