Les marchés et les politiques ne parlent décidément pas le même
langage. La monnaie européenne a atteint hier ses plus bas niveaux, malgré la publication à Bruxelles du premier communiqué formel écrit de «l'Euro 11», cette instance informelle qui réunit les ministres des Finances des pays de l'Eurolande. La situation a été jugée suffisamment critique pour que les responsables européens, après une réunion de trois heures, reconnaissent leur «préoccupation commune sur le niveau actuel de l'euro qui ne reflète pas les fondamentaux économiques rigoureux de la zone euro». Ils ont refusé d'évoquer, autrement qu'à mots couverts, la possibilité d'une intervention des banques centrales. Pour plaire aux marchés, ils se sont contentés de rappeler la détermination des Etats membres à «accélérer la consolidation budgétaire en cours et les réformes structurelles»" De concert. «Notre conviction est ferme, a martelé Laurent Fabius, le ministre français des Finances, venu assister à son premier Euro 11. Premièrement, les éléments économiques fondamentaux sont positifs en Europe. Deuxièmement, nous avons une préoccupation: le niveau de l'euro est différent de celui qu'il devrait être. Troisièmement, les interventions sont un outil qui existe et qui est disponible», en ajoutant, pour mettre les points sur les i: «Si on ne veut pas comprendre"» Visiblement, les Onze se sont entendus sur leurs termes: interrogé sur le même sujet, le collègue portugais de Laurent Fabius, Joaquim Pina Moura, q




