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Libération

La Banque de France souffle 200 bougies. Jean-Claude Trichet affaibli, l'euro chahuté, un anniversaire tristounet.

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Publié le 30/05/2000 à 0h41

Voilà un bicentenaire que Jean-Claude Trichet, gouverneur de la

Banque de France, préférera peut-être oublier. Pour célébrer les deux siècles de cette chère vieille banque centrale, créée par Napoléon, et devenue indépendante en 1994, le maître de maison avait pourtant réuni hier à Paris le gotha mondial de la finance: 300 personnalités assises sagement dans la fameuse Galerie dorée, dont Alan Greenspan, le patron de la Réserve fédérale américaine, ou Eddie George, le gouverneur de la Banque centrale d'Angleterre. Le discours de Jacques Chirac, président de la République, devait être le clou du spectacle.

Avenir compromis. En temps normal, il n'aurait pas manqué d'évoquer, même à mots couverts, l'avenir de Jean-Claude Trichet (pressenti depuis 1998 pour la présidence de la Banque centrale européenne en 2002). Las! la mise en examen du gouverneur dans le dossier du Crédit Lyonnais, pour «diffusion de fausse information» (Libération du 29 avril), risque de le priver du fauteuil dont il rêvait. Wim Duisenberg, l'actuel patron faussement débonnaire de la BCE, également présent dans l'assistance hier, ne demande sûrement pas mieux, lui qui était invité à démissionner à mi-mandat pour céder la place à Trichet.

Eloges. Autant dire que l'allocution de Jacques Chirac fut de courte durée, et fort peu festive. Mais non dénuée d'ironie, involontaire sans doute. Saluant le travail accompli par Trichet, le chef de l'Etat n'a fait ni une ni deux: «La lutte contre l'inflation est le plus beau

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