"Putain, que je suis heureux." Jean-Marie Messier, qui n'hésite jamais à surjouer l'enthousiasme, s'est laissé aller hier à l'expression truculente de sa satisfaction débordante. "Ce regroupement Seagram-Vivendi-Canal+, c'est une occasion unique, one time in a lifetime ("une fois dans une vie", ndlr)", a-t-il poursuivi en anglais, pour insister sur cette chance inouïe qui est la sienne aujourd'hui et qui permet à son groupe de faire "un pas de géant".
Flanqué d'Edgar Bronfman, le PDG de Seagram, et de Pierre Lescure, celui de Canal+, Jean-Marie Messier a orchestré mardi matin, à Paris, l'annonce officielle de ce mariage franco-canadien. Une union qui donne naissance à un géant de la communication totalement intégré, capable de rivaliser avec AOL-Time Warner et baptisé Vivendi-Universal.
Sur le papier, l'affaire est magnifique. C'est même, si l'on en croit J2M, une somptueuse histoire d'amour avant même que d'être une histoire d'argent. Cela s'est passé un beau jour du mois d'octobre dernier, alors qu'Edgar Bronfman est en vacances à Paris. Le PDG de Seagram appelle celui de Vivendi et lui propose une rencontre informelle, tout ce qu'il y a de plus casual, décontracté. "Edgar est venu sans chemise ni cravate, en simple polo", a précisé Jean-Marie Messier. "Au bout de la conversation, on avait un sentiment partagé, on s'est dit qu'on allait faire swinguer l'Internet avec la musique." Les deux hommes se sont vus quelques dizaines de fois, fondant leurs négociations sur leurs acti




