Du temps de Mobutu, des dames de la bonne société kinoise glissaient des diamants dans leurs sacs avant de prendre l'avion. Moins visible et moins pesant que des valises de dollars, le diamant servait de valeur refuge dans des pays africains où le jeu politique pouvait priver, du jour au lendemain, un courtisan de ses sources de revenus. Ces diamants de contrebande provenaient bien sûr de mines appartenant à l'Etat et avaient déjà enrichi quelques intermédiaires au passage. Pas de quoi émouvoir les Nations unies, les bailleurs de fonds et encore moins la firme sud-africaine De Beers qui disposait alors d'un quasi-monopole sur l'achat du diamant. Ce trafic était en quelque sorte la dîme à payer pour la stabilité d'un régime, voire d'un conflit qui s'inscrivait dans le jeu de la guerre froide. Après tout, personne ne s'est plaint que le MPLA angolais, mouvement de libération prosoviétique arrivé au pouvoir à Luanda en 1975, s'octroie le monopole des richesses pétrolières et des trafics y afférant, jusqu'à sa légitimation par des élections en 1992...
La guérilla change la donne. La reprise de la guerre civile en Angola au milieu des années 90, l'émergence de rébellions dévoreuses d'armes en Sierra Leone et au Congo-Kinshasa (République démocratique du Congo, RDC) ont modifié la donne. L'instabilité dans ces régions est mauvaise pour le commerce licite. Sous la pression des associations de défense des droits de l'homme, mais aussi des Etats occidentaux poussés par leur opinion pu




