Okinawa ou l'art très japonais de si bien faire que tant de minuties finissent par excéder tout le monde! Des milliers de policiers affairés jour et nuit à sonder buissons et parterres pour y déceler d'éventuels intrus. Des centaines de barrages disposés sur les routes transformées en véritables parcours du combattant. Des contrôles et des fouilles si nombreux que l'on finit par se prendre pour un criminel en puissance: le dispositif de sécurité mis en place par les autorités nippones pour le sommet du G8 est si impressionnant qu'il en est étouffant. Tous les hôtels, y compris ceux occupés par les journalistes, ont 24 heures sur 24 deux anges gardiens à chaque étage, plus une nuée de cerbères postés dans les jardins ou sur les toits. Un territoire entier en état d'urgence, où les 22 000 policiers déployés par le gouvernement de Tokyo ont même fini par se mettre à dos les habitants de la province. Incités à ne pas circuler en voiture durant les trois jours du sommet, ces derniers ont ainsi révélé à la presse locale qu'ils en avaient assez d'être interdits de tout: interdits de se baigner, de faire de la plongée ou du bateau. Et même d'enterrer leurs morts durant le sommet sans prévenir auparavant les forces de l'ordre pour inspecter la tombe!
«Si nous pouvions ne pas être là, le gouvernement de Tokyo aurait été ravi...», râle Shoiji Shibana, un conseiller municipal contestataire de Ginowan, à 50 kilomètres du Bankoku Shin-Ryokan, centre de conférence où se tient le sommet. Une




