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Libération

Okinawa très loin du sommet

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Les infrastructures de l'île ont été renouvelées pour le G8: 4 milliards investis, en plein marasme économique.

Publié le 25/07/2000 à 2h32

Okinawa envoyé spécial

Les Japonais sont habitués à mettre la main au portefeuille pour exister sur la scène internationale. Le sommet d'Okinawa n'a pas dérogé à la règle. Estimée à près de 780 millions de dollars (plus de 5 milliards de francs), la facture du dernier G 8 du siècle ­ le premier organisé par le Japon, hors de Tokyo ­ a crevé tous les plafonds. A elle seule, cette somme astronomique permettrait d'effacer d'un coup la dette de la Guinée équatoriale. Le jeu en valait-il la chandelle? En tout cas, tous les chefs d'Etat et de gouvernement ont salué «la qualité de l'organisation», sur cette île tropicale, surtout connue pour abriter d'immenses bases militaires américaines.

Marasme économique. Un succès de politique intérieure pour le Premier ministre Yoshiro Mori, félicité poliment par Jacques Chirac pour sa «parfaite maîtrise des horaires et des débats en tant que président de ce sommet». Mori, un politicien plutôt falot ayant commis quelques gaffes mémorables, apparaît donc assuré de rester en fonction. Alors qu'un échec du G 8 lui aurait sans doute été fatal.

L'addition record du sommet d'Okinawa n'est pas du goût de tout le monde. Repris par les médias locaux, les articles au vitriol consacrés par la presse internationale à ces dépenses somptuaires ont choqué une partie de la population, toujours engluée dans le marasme économique. Autre sujet de polémique: l'énorme déploiement policier sur l'île qui aurait été recommandé par l'administration américaine, inquiète

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