Le gouvernement français risque fort de s'attirer les foudres de la Commission européenne. La prise en charge des coûts portuaires mais surtout les allègements ou la suppression des charges sociales des pêcheurs, annoncés jeudi et destinés à compenser la hausse des prix du gazole, pourraient se révéler incompatibles avec le droit communautaire. «A première vue, les mesures prises par le gouvernement français s'apparentent à des aides opérationnelles, formellement prohibées par les traités européens: comme une partie des coûts opérationnels de certaines sociétés sera prise en charge par les pouvoirs publics, des distorsions de concurrence pourraient apparaître», explique Gregor Kreuzhuber, porte-parole de Franz Fischler, commissaire à la Pêche. L'exécutif européen attend cependant la notification du gouvernement français pour se prononcer. Les allègements de charges sociales accordées après le naufrage de l'Erika, et leur prolongation de trois mois décidée la semaine passée, n'ont d'ailleurs pas encore été formellement acceptés par Bruxelles.
Les marins-pêcheurs français risquent de faire des émules dans les autres ports de l'Union. Leurs collègues espagnols de Galice ont menacé cette semaine de paralyser la flotte pour obtenir des subventions. En Grande-Bretagne, aux Pays-Bas et en Belgique, leur situation financière est de plus en plus préoccupante. Les marins-pêcheurs européens ne pourront cependant pas compter sur un coup de main de l'Union: il n'existe plus de ligne budgé




