Aux JO, ils exultent. On les voit pleurer, rire, remercier entraîneurs, parents, la France entière, bref une médaille, «ça le fait toujours» et pas qu'à Sydney. Dans le monde du travail, aussi, les médaillés bichent. Revue de détail des titres et décorations laborieuses, et impressions de primés.
MOF: meilleur ouvrier de France
Le «nec plus ultra»
Dans un sondage publié par le Point, à la question «Quel titre vous ferait le plus rêver?», les Français avaient répondu «meilleur ouvrier de France» avant «diplômé de Harvard». Vieillot, le concours des «MOF» reste, depuis 1925, le concours phare de la corporation des artisans. Tous les trois ans, 3 500 candidats environ, dans 180 métiers différents, acceptent de passer 800 heures en moyenne à préparer des oeuvres imposées qui peuvent leur faire décrocher le fameux titre. Mais ne devient pas MOF qui veut. Depuis l'origine, ils ont été seulement 7 585 à décrocher la palme dans des spécialités parfois méconnues la peinture sur soie ou la reliure d'art , ou ultra courues la boulangerie, la charcuterie, la cuisine bien sûr, les Bocuse et autre Robuchon en sont. Le concours est corrigé par d'anciens MOF et le titre homologué par l'Education nationale. Autrefois, on le décrochait en fin de carrière à 50 ou 60 ans. Aujourd'hui, beaucoup de participants sont trentenaires. «Et ont besoin de cette reconnaissance de leurs pairs pour progresser professionnellement.» Il paraîtrait que ça marche. Témoignages.
Lucienne Thuliez, 60 ans, MOF en 1




