Le Vigan envoyée spéciale
Les collants ne filent plus et les femmes en portent moins. Quand les cieux s'en mêlent, c'est encore pire. Il suffit que l'été joue les prolongations de quelques semaines, et c'est la saison qui est compromise.
Suspendue au-dessus de la tête des 10 000 habitants du bassin du Vigan, où le collant fait vivre un millier de salariés, la nouvelle a fini par tomber. Les 126 salariés de Bresson Rande, dernier fabricant français pour les marques distributrices, installé depuis le début du siècle dans le bourg cévenol, savent depuis trois semaines que l'entreprise familiale va être mise en liquidation. Depuis, ils occupent l'usine. «On lèvera le camp quand on aura l'assurance de partir dans la dignité», résume pour ses collègues Anne Gelain, responsable informatique.
160 licenciés, 50 recasés.
A l'entrée du Vigan, leurs 600 collègues de Well, l'autre grand du collant passé au printemps dernier dans le giron de l'américain Sara Lee, aussi propriétaire de Dim, s'inquiètent. A vendre sur injonction de Bruxelles pour cause de position dominante, ils connaîtront dans quelques semaines l'identité de leur nouveau propriétaire. Et donc le sort qui leur sera réservé. Eux savent que des 160 salariés qui ont quitté l'entreprise fin 1998 dans le cadre d'un plan social lancé un an après un précédent changement d'actionnaire, une cinquantaine seulement ont retrouvé un emploi. «Le cabinet de reclassement a bien fait son travail et chacun a eu droit à plusieurs propositions. M




