Michel David-Weill a beau se triturer les méninges, il ne se souvient pas de sa dernière conférence de presse.. Et pour cause, le patriarche de la galaxie Lazard n'en donnait jamais. Jusqu'à présent, Lazard vivait dans sa bulle, loin des rumeurs de fusions-acquisitions, réservées à ses prestigieux clients. Lazard, c'était une petite structure indépendante (2300 personnes) représenté par trois maisons (Paris-Londres-New York) et une poignée d'associés-gérants vedettes. Jamais réglées, les questions de successions Michel David-Weill a 67 ans étaient sans cesse repoussées aux calendes grecques puisque le président avait hérité d'une charge à vie. Face à la montée en puissance des banques d'affaires américaines, les associés-gérants n'affichaient que mépris. Lazard est à la banque ce que la haute couture est au prêt-à-porter.
Invité surprise. Lorsqu'en juin 1999, le turbulent financier Vincent Bolloré s'est adjugé 30% d'Impériale de Lyon, l'une des société holding du groupe Lazard (schéma ci-contre), Michel David-Weill est tombé des nues. Jamais la prestigieuse institution n'avait imaginé qu'un actionnaire extérieur au cénacle se permettrait d'entrer chez Lazard sans y être invité. Et encore moins qu'une telle forfaiture serait le fait de Vincent Bolloré, fidèle client de Lazard.
«Je n'ai pas aimé que Monsieur Bolloré nous traite comme un objet», commentait hier Michel David-Weill, en aparté. L'opération commando de Bolloré a donné des idées à d'autres sociétés. En décembre 19




