Istanbul de notre correspondant
Jusqu'où pourrait s'effondrer la Bourse d'Istanbul, dont l'indice a encore perdu vendredi 8,8 %? A l'origine de la panique, la crise de liquidités qui ravage le pays: en dix jours, 6 milliards de dollars ont fui la Turquie et les taux d'intérêt à court terme frisent les 1 000 %. Les banquiers, les milieux d'affaires et l'ensemble des acteurs financiers et économiques cherchent en vain une solution. Mais les déclarations du Premier ministre, Bulent Ecevit qui a annoncé l'augmentation des impôts, l'accélération des privatisations, la restructuration des banques, sans oublier une demande en urgence de 5 milliards de dollars auprès du FMI , ne semblent pas résoudre pour le moment la crise profonde que traverse l'ensemble de la société turque.
«Pays problématiques». Une crise que le président de la Banque mondiale, James Wolfensohn, n'a pas hésité à qualifier de «menace forte». Le pays rejoint ainsi la Corée du Sud et l'Argentine dans le club des nations «problématiques qu'il faut suivre de près», selon un responsable du Trésor américain.
A cette crise de liquidités vient s'ajouter le problème des malversations: plus de quinze banquiers, hommes d'affaires ou patrons d'agence de publicité ont été inculpés et écroués depuis deux mois, pour le transfert illégal de plusieurs millions de dollars.
L'opinion publique turque discerne difficilement les vraies raisons de cette crise, car l'immense majorité des grands médias turcs déjà porte-parole habituels




