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Libération

Lafarge devient le leader mondial du ciment

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Le français a réussi son OPA sur le britannique Blue Circle.

Publié le 09/01/2001 à 21h38

Bertrand Collomb, le PDG de Lafarge, l'espérait secrètement depuis son arrivée à la tête de la vénérable maison, en 1989. Il en rêvait encore plus depuis qu'il avait lancé une OPA hostile ratée sur Blue Circle, en février dernier: quatre mois de bataille boursière à couteaux tirés pour se voir piteusement reconduit à la porte de la City de Londres, c'était dur. Cette fois, c'est fait. En mettant la main sur le cimentier britannique, qui s'est finalement rangé à ses arguments sonnants et trébuchants, Lafarge devient enfin le numéro un mondial des matériaux de construction et du ciment, damant le pion au suisse Holderbank, son rival de toujours. A elle seule, l'acquisition de Blue Circle (sixième groupe mondial) apporte à Lafarge 40 % de capacité de production de ciment supplémentaire, pour un total de 150 millions de tonnes par an. Et lui permet de prendre position sur des marchés dont il était jusque-là absent: ceux des «pays émergents» (Philippines et Malaisie) et ceux de l'Amérique du Sud (Chili). Au passage, Lafarge se renforce en Amérique du Nord et en Grande-Bretagne. Dans un métier où la proximité géographique entre producteur et client est un peu l'alpha et l'oméga, le ciment voyageant lentement et coûteusement, le nouveau maillage mondial du groupe tricolore a de quoi faire des envieux.

Bertrand Collomb a su y mettre le prix. Sérieusement ébranlé lors de son échec de mai dernier (il n'avait remporté directement que 23 % des actions de sa cible à l'issue du raid manqué

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