Frank Riboud, PDG du groupe Danone, a tranché. Son pôle «biscuit» (marques Lu, Belin et Heudebert) devrait connaître la première restructuration de son histoire. Il envisagerait d'y supprimer environ 3 000 emplois en Europe, dont 1 700 en France, sur un effectif total de 15 000 salariés sur le Vieux continent et de 28 000 dans le monde. Ce plan, baptisé «Record» (sic), passerait également par des fermetures de sites, notamment à Evry (356 salariés) et Calais (244 salariés). «Cette restructuration n'est pas finalisée, reconnaît l'entourage de Frank Riboud. Aucune décision n'a été prise quant à des fermetures d'usines. Ce qui est sûr, c'est que nous devons rationnaliser la production des biscuits, qui nous semble manquer un peu de cohérence.» Cette «rationalisation» devrait s'accompagner de transferts d'activité entre certaines usines. «On peut produire du Petit Beurre dans tous nos sites. Mais peut-être serait-il plus malin de réserver sa fabrication à une ou deux usines clairement identifiées», relève la direction du groupe Danone.
Tout le problème pour le PDG consiste en fait à faire remonter les marges de cette activité (environ 8 %), quand les deux autres piliers de la maison (les produits laitiers frais et le pôle «boissons-eaux minérales») caracollent avec des marges respectives de 11 % et de 12 %. Autant dire que la faiblesse relative du pôle biscuit tire l'ensemble de la marge opérationnelle du groupe vers le bas (10,5 % en 1999). Impardonnable pour la direction et les




