Les nouveaux géants de la communication rêvent de fournir à la fois du contenant et du contenu : prendre position dans la production et l'exploitation de tous les programmes, services et biens culturels afin d'alimenter les micro-ordinateurs, les télévisions et les téléphones portables. Et d'exploiter ainsi tous les tuyaux conduisant à ces appareils.
Cinq mégagroupes se font aujourd'hui concurrence. Avec ses chaînes de télévision et ses 26 millions d'abonnés à l'Internet, AOL-Time Warner a incontestablement pris plusieurs longueurs d'avance sur les autres prétendants au titre de «maître du monde». Mais le groupe devra se mesurer à Vivendi-Universal, deuxième groupe mondial dans ces secteurs (160 milliards de francs de chiffre d'affaires prévu), qui peut se vanter de son réseau de téléphonie mobile (SFR et ses 10 millions d'abonnés) mais aussi de ses positions dans le cinéma hollywoodien (studios Universal) et surtout la musique, Universal Music étant le numéro 1 mondial de la production musicale.
CBS-Viacom et ses 20 milliards de dollars de chiffre d'affaires s'affirme dans la télévision (une kyrielle de chaînes dont CBS), le cinéma, et se développe vite sur l'Internet. En Europe, Bertelsmann est aussi actif dans la télévision (CLT-Ufa), l'Internet (Lycos Europe, alliance avec Napster) et surtout l'édition. Enfin, le japonais Sony, d'abord fabricant de matériel informatique, rêve de transformer sa PlayStation en une sorte de console d'accès à tout : cinéma, télévision, télépho




