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Les chéquiers restent dans les poches

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Les investisseurs sont passés de la frénésie à la méfiance.

Publié le 09/02/2001 à 22h44

Lui ne viendra pas à «First Tuesday». Créateur d'une start-up après une solide expérience dans l'Internet, il connaît déjà les investisseurs de la place. Mais après plusieurs mois passés à développer son projet, il peine à trouver des fonds pour lancer son site. «Certains se disent prêts à investir dans mon projet à une condition: qu'un autre ait signé avant eux. A ce jeu-là, ils s'observent et se neutralisent. Plus personne n'ose être le premier à prendre un risque. C'est pourtant la raison d'être du capital-risque.»

Aujourd'hui, les créateurs d'entreprises dans le secteur de l'Internet constatent, unanimes: «Tout le monde a stoppé net les investissements. Aujourd'hui, même les bons projets ne trouvent pas de financement.» Les investisseurs semblent être passés d'un extrême à l'autre; du déluge financier au gel brutal. Le créateur de start-up poursuit: «Jusqu'au printemps, les investisseurs s'entraînaient mutuellement dans la fuite en avant. Une chose ne change pas: ils appliquent toujours à la lettre cette devise entendue lorsque je faisais mon service militaire: "Peu importe si nous sommes perdus, du moment que nous sommes groupés."» Comme l'expliquait Olivier Protard, partenaire-associé chez Sofinnova, qui intervenait mardi à «First Tuesday», dans une conférence sur le capital-risque: «Les investisseurs doivent être dans les tendances du marché. On ne peut pas se permettre d'être trop original.»

Certains font en public leur mea culpa, comme Benoist Grossman, responsable du

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