Los Angeles correspondance
A croire ceux qui les ont vus naître et grandir, les start-up de la Silicon Valley meurent souvent de la même façon. Le livreur de confiseries ne passe plus aussi régulièrement au bureau. Le barbecue du vendredi après-midi est supprimé. Les sodas disparaissent du frigo communautaire. Les rumeurs abondent, les clans se forment et les chefs ne répondent plus aux e-mails. Un jour, enfin, tout se précipite: «Fin janvier, la direction m'a convoquée. En une fraction de seconde, je suis passée du rire incrédule à la crise de larmes», raconte Jennifer Adams, 29 ans, ancienne rédactrice pour Itide, le site d'économiseurs d'écran personnalisés, à San Francisco. Dans le meilleur des cas, l'employé trouve une enveloppe contenant les indemnités de licenciement sur la table. Après seulement huit mois d'ancienneté, Jennifer n'a eu ni l'un ni l'autre. Mais elle a eu un avantage sur d'autres : «On m'a laissé quelques minutes pour sauvegarder les fichiers personnels de mon ordinateur.»
Des milliers de licenciés. La jeune femme est loin d'être la seule. En janvier, 13 000 employés du secteur de l'Internet américain ont reçu la redoutée «pink slip» (le formulaire de licenciement), soit un quart de plus qu'en décembre, selon Challenger, Gray & Christmas. D'après cette firme de recrutement, février devrait battre de nouveaux records. Ces treize derniers mois, 55 000 employés de 610 compagnies Internet auraient perdu leur emploi, pour la plupart dans la Silicon Valley, San




