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Libération

La nuit à l'oeil

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Publié le 19/02/2001 à 23h02

Guillaume, 24 ans, est veilleur de nuit dans un hôtel du centre de Paris.

«Contrairement à la plupart des gens, je commence à travailler à 20 heures. Et pendant douze heures d'affilée, c'est moi le boss de l'hôtel ! La première heure de service est la plus agitée : les clients sortent manger, je les renseigne sur les restaurants du quartier, je les dépanne d'un fer à repasser s'ils vont à un dîner habillé... La semaine dernière, un client est parti en me disant que son lavabo était bouché, j'ai dû m'y coller. Je suis monté dans sa chambre, et le siphon m'a éclaté entre les mains. J'ai dû tout nettoyer avant son retour, la salle de bains était dégueulasse. Dur pour commencer la nuit...»

Bonsoir, bonsoir. «Entre 22 heures et 2 heures du matin, les quarante clients rentrent se coucher. Je les attends derrière le guichet, je leur donne leur clé, bonsoir, bonsoir. Le week-end, il arrive que des jeunes couples, pris d'une soudaine envie, arrivent tard dans la nuit. Ils sont un peu éméchés. Le mec sort sa carte bleue comme un prince, elle fait mine de résister, et je ne les revois plus de la nuit. A minuit, 2 heures et 4 heures, je fais une ronde dans la galerie marchande qui passe devant l'hôtel, c'est obligatoire. Il faut que j'aille tourner une clé pour prouver à mon patron (et aux assureurs) qu'elle a été faite. Mais bon, c'est pas à la minute près. J'organise ma nuit à peu près comme je veux.

«Vers 2-3 heures, j'ai le droit de dormir un peu sur un canapé du hall, avec une couvert

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