La fièvre de l'encéphalopathie spongiforme bovine aiguise les appétits des laboratoires privés, déchaînés à l'idée de mettre la main sur ce nouveau débouché très profitable. De son côté, la manie de la traçabilité fait un malheur: les citoyens en demandent toujours davantage. Dans les deux cas, le marché est prometteur: celui des tests ESB, obligatoires en France depuis le 1er janvier dernier pour tous les bovins de plus de trente mois, pèse environ un milliard de francs par an. Celui de la traçabilité, le nouveau «must» de l'industrie agroalimentaire, est plus difficile à évaluer: dans l'Hexagone, il devrait représenter plusieurs centaines de millions de francs dans les années qui viennent, avec un taux de croissance proche de 10 %.
Mirage. Dès à présent, les premiers sur les rangs se cramponnent becs et ongles à ce nouvel Eldorado. Et se flattent de voir leurs résultats dopés par la «sécurité alimentaire». Ainsi, le Français AES Laboratoire, signataire en janvier d'un contrat exclusif de distribution du test ESB mis au point par le laboratoire suisse Prionics, mise sur une explosion de plus de 42 % de son chiffre d'affaires à 30,5 millions d'euros (200 millions de francs) pour l'exercice 2000-2001, clos au 30 mars prochain. «Cette révision à la hausse de l'activité résulte essentiellement du démarrage de la campagne de dépistage de l'ESB», reconnaît volontiers le groupe qui contrôle 90 % du gâteau français, les 10 % qui restent, allant au tandem CEA Industrie-Biorad, arrivé




