La France doit-elle ouvrir ses frontières aux travailleurs étrangers ? La question commence à faire débat, en France comme ailleurs en Europe. A chaque fois que la croissance repart, le spectre de la pénurie de main-d'oeuvre refait surface ; 800 000 postes resteraient vacants, faute de candidats, selon le Medef. Devant cet «état d'urgence», Jean-Paul Vermès, auteur d'un rapport de la chambre de commerce et d'industrie de Paris publié fin décembre, préconise de recourir «temporairement» à de la main-d'oeuvre étrangère. Solution de facilité, rétorquent ceux qui remettent en cause la réalité de la pénurie. «Il n'y a de réelles difficultés de recrutement que dans quelques branches, et celles-ci sont normales dans une économie qui se rapproche du plein-emploi», dit Dominique Taddei, membre du Conseil économique et social (1). Autrement dit, il y aussi un problème du côté de l'offre. Le patronat doit d'abord balayer devant sa porte : «Branche par branche, négociez sur la formation, les conditions de travail et les salaires», dit Dominique Taddei. Tout ce que les entreprises rechignent à faire. Pressées, elles préfèrent se tourner vers l'étranger. Certaines font déjà appel à des informaticiens russes, des soudeurs polonais, des serveurs marocains... en toute légalité ou non. Car la France délivre très peu de permis de travail à des étrangers (hors communauté européenne). Sur les plus de 77 000 permis de séjour permanents accordés en 1999, seuls 5 400 l'ont été pour des raisons prof
Des bons et des mauvais immigrés
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Publié le 26/02/2001 à 23h11
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